Ils ont brûlés la douche, les cons!

J’ai 19 ans, 1989. Je veux faire un coup de cash et y parait qu’on peut faire pas mal d’argent à planter des arbres. Je me pogne une job à St-Joseph-de-Mékinac en Mauricie. Un ami et moi, deux ados trop maigres arrivons au campement pour rencontrer le foreman.

 » Ah bin tabarnak, regarde ce qu’ils m’ont envoyés! »  qu’il dit en nous voyant. Il n’était pas impressionné pas notre stature…

On installe nos tentes, on commence demain et il faut se lever à 4h00 de matin.

Il y avait un chalet qui servait de cuisine où tous les planteurs se rencontraient. Le premier matin, c’est la rencontre avec les autres planteurs. La plupart sont un peu excentriques, l’apparence de chacun est un peu rough et certains sont simplement apeurant. Il y a des grandes tables comme dans un réfectoire et un cuisinier qui prépare les repas.

À une table, il y a un gars vraiment dégueu. Il vient d’aller se rouler dans la bouette comme un cochon, il ne lui reste que le blanc de ses yeux qu’on peut distinguer… Il dit d’une voix épaisse:  »Les mouches noirs ne me pîqueront pas! » No wonder elle ne te pîqueront pas, nous autres aussi on va se tenir loin de toé, parce que t’es répugnant!

Les jours sont durs; d’abord tu couches dans ta tente en mai et juin, les nuit sont encore froides et des fois on se lève avec du gel au sol. On va déjeuner au chalet et on monte dans l’autobus jaune à 5h30 pour aller sur des terres où on a fait des coupes à blanc. Tu plantes des arbres, le plus possible parce qu’on te donne 0.07$ par arbre. Tu te bats contre la nature, les mouches noirs et les Frappe-à-barre, ça c’est uns mouche à chevreuil grosse comme une corneille!

De retour au camp en fin de journée, on mange des peanuts, j’ai jamais mangé autant de peanuts de ma vie. Ensuite, à la douche! Près d’un cour d’eau, ils ont installé un abri Tempo avec une pompe et un brûleur au propane pour qu’on puisse prendre une douche chaude en fin de journée.

Le vendredi, on partait pour la maison, on avait la chance d’être à 2h30 de la maison et on revenait le dimanche soir. Un bon dimanche, on arrive au campement et, plus de douche! Juste un frame en métal et des cendres qui fument encore… Deux crétins bien saouls ont décidé de prendre une douche mais y étaient trop chaud pour contrôler le brûleur… les douches ont brûlées. On allaient  se laver à la mitaine dans l’eau de la crique jusqu’à la fin du contrat… Je ne sais pas s’ils ont eu des nouvelles des ressources humaines.

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